CBCS - Conseil Bruxellois de Coordination Sociopolitique
Pour les professionnels du social-santé à Bruxelles

L’évaluation dans le travail social

Evaluation. Terme dévoyé ? A la mode ? Qui effraie ? Ou, au contraire, qui enthousiasme ?... Les sections Assistants Sociaux de l’Institut Cardijn et du département social de Namur et le Master en Ingénierie et Actions Sociales Louvain-La-Neuve/Namur (MIAS) ont voulu mettre la question sur la table. Une conférence-débat intitulée "L’évaluation des pratiques sociales et institutionnelles : entre résistance et créativité..." à destination des travailleurs sociaux avait pour objectif de clarifier le jeu des acteurs dans l’évaluation et créer de réels outils d’action. C’était en 2013. Et aujourd’hui ?... Le CBCS vous fait partager pistes de réflexion, outils et interpellations nés de cette rencontre.

Pourquoi questionner l’évaluation ?

Mais d’où vient cet intérêt des écoles sociales et du Master en Ingénierie et Actions Sociales pour la question de l’évaluation ? Viviane Ska, coordinatrice pédagogique du MIAS LLN/Namur, se souvient : « plusieurs professeurs de méthodologie constatent une méfiance et un désintérêt des travailleurs sociaux pour cette question de l’évaluation, surtout au niveau institutionnel. Dans le master, il y avait également une inquiétude envers une exigence d’évaluation qui ne correspond pas au travail de terrain, qui provoque des plaintes de la part des professionnels en formation ».

A partir de ces constats, le projet d’une conférence-débat est lancé [1] à destination des assistants sociaux, éducateurs, chercheurs, maîtres de stage, etc., La rencontre entend à la fois :

  • les « mettre au travail » à travers des ateliers  : il est demandé aux participants de se situer par rapport au cadre théorique et aux pistes évoquées et de les croiser par rapport à leur propre expérience de travail pour ensuite formuler des interpellations à différents acteurs : à destination du politique, des lieux de formation, des fédérations, des syndicats, des professionnels. Lire à ce sujet la synthèse des interpellations.

Et maintenant ?...

Dans un premier temps, les organisateurs de cette rencontre ont fait rebondir ces interpellations via l’Association Belge Francophone pour la Formation, la Recherche et l’Intervention Sociale (ABFRIS), lors d’une journée d’étude, en mai 2014. Dans les lieux de formation, il s’agissait de réfléchir à « comment réinterroger les programmes de cours actuels pour laisser davantage de place à l’évaluation ? Comment améliorer l’articulation de l’évaluation de mon action (processus d’intervention sociale) avec l’évaluation de mon service (au niveau politique et financier) ? ». Quant aux politiques, deux interpellations plus spécifiques leur sont adressées : davantage de concertation et de prise en considération des conditions de travail du terrain.

L’idée est à présent, pour Viviane Ska, en tant que porte-parole du groupe porteur de cette conférence, de "diffuser les outils et interpellations le plus largement possible : les relayer vers les fédérations d’employeurs par exemple pour qu’elles aident les équipes, les institutions à se donner les moyens, le temps, pour réaliser des évaluations qui aient du sens ; mais relayer aussi vers les politiques, et bien entendu, l’ensemble des acteurs du social et de la santé".

C’est dans cette optique que le CBCS propose ce dossier en ligne. Une première entrée en la matière qui peut être complétée par la lecture du dernier numéro de la revue l’Observatoire (n°82, parue en février 2015) : il propose un dossier intitulé « Ils évaluent, nous évaluons, vous évaluez… » qui s’inspire d’une seconde conférence-débat co-organisée en décembre 2013 par le Mias Louvain-La-Neuve/Namur et l’Unipso sur les questions de l’évaluation [2]. Vous retrouverez dans ce dossier les contributeurs des articles ci-dessus, mais également d’autres experts de cette question, d’ici et d’ailleurs. A lire donc, pour approfondir le sujet ! Accès au site de l’Observatoire.

Stéphanie Devlésaver, CBCS asbl (mars 2015).