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"La décision de Francken est totalement paradoxale"

Theo Francken a décidé de retirer tous les experts belges de Grèce : les équipes de Médecins du Monde sur place réagissent.

A partir du 20 mars, le secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations (N-VA) a décidé que les nouveaux arrivants ne seraient plus accueillis sur les côtes grecques : soit ils doivent demander l’asile, soit ils sont renvoyés en Turquie. Ainsi, 16.000 personnes se trouvent en ce moment coincées sur les îles grecques dont les capacités d’accueil ne sont que de 8.000 personnes.

C’est la gestion des demandes d’asile qui est en cause : elle accuse un énorme retard. Ce retard est dû à l’insuffisance du renforcement des effectifs pourtant promis par l’Europe. Pour faire face à un véritable cauchemar administratif, le personnel manque sur le terrain.

″Ainsi, pendant des mois, des milliers de réfugiés attendent dans des camps très mal aménagés. Ils vivent dans une atmosphère d’insécurité totale et leurs conditions de vie sont inadaptées. On leur répète tous les jours, de mois en mois : Soyez patients, soyez patients, soyez patients… Mais la patience à des limites pour tout le monde et à la longue, il ne reste plus qu’un sentiment de révolte. C’est ce qu’on observe en ce moment. Les réfugiés ne sont pas des criminels mais des personnes qui en ont assez et à juste titre. ″, explique Pierre Verbeeren, Directeur de Médecins du Monde Belgique.
″C’est pourquoi, la décision de Theo Francken est totalement paradoxale : d’un côté, il veut accélérer la procédure de demande d’asile, d’un autre côté, il retire le personnel, ce qui ne va faire que ralentir encore la procédure et qu’empirer la situation. ″
″Nous nous demandons aussi comment Monsieur Francken peut considérer des pays comme la Turquie, le Liban ou la Syrie suffisamment sûrs pour les citoyens Syriens mais pas pour les Belges. Nous estimons que l’évaluation du niveau de ‘sécurité’ dans un pays ne devrait pas être liée à la nationalité d’une personne.″, affirme Pierre Verbeeren.

Conclusion : les problèmes qui touchent la Grèce et les protestations des réfugiés sont aussi liés au fait que le reste de l’Europe ne prend pas ses responsabilités et que chacun cherche à échapper à sa responsabilité au dépens de la Grèce. Retirer les experts belges ne va faire qu’envenimer la situation.

Actuellement, Médecins du Monde apporte de l’aide aux réfugiés dans 28 lieux dans les îles et sur la Grèce continentale. Depuis mars, les équipes médicales de Médecins du Monde soignent les réfugiés grecs. Ils se focalisent sur 3 volets : les soins primaires, la santé sexuelle et reproductive et la santé mentale.