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La presse associative a aussi besoin d’abonnés

L’offre Mag-Ximize permet de vous abonner à 2, 3 ou 4 revues associatives belges francophones pour un prix proportionnellement dégressif au nombre de revues que vous prenez dans votre pack.

Ainsi, Alter Echos (17 n°/an) + La Revue Nouvelle (8 n°/an) + Politique (4 n°/an) + Echos du crédit et de l’endettement (4 n°/an), en Web et en papier (Bref, la totale) = 250 €/an, soit une belle réduction de 25%. Nous avons rencontré Milena Chantraine (Mag-Ximize), Marie-Eve Merckx (Agence Alter) et Thomas Lemaigre (Revue Nouvelle) afin de connaitre les tenants et aboutissants de ce rapprochement.

Les détails de l’offre : http://www.magximize.be

La presse commerciale bénéficie d’aides publiques. Aux mêmes conditions que n’importe quelle autre entreprise marchande, mais aussi de manière plus spécifique [1]. La presse associative – que l’on nomme aujourd’hui plus couramment « presse alternative », chacun interprétera à sa guise ce glissement sémantique - bénéficie elle aussi, et c’est heureux, du soutien des pouvoirs publics. On parle ici Education permanente, Culture, mais aussi, dans une moindre mesure, Cohésion sociale, Emploi, et quand même une intervention de la Communauté française dédicacée à la « presse périodique et d’opinion » [2]. Mais qu’elle soit commerciale ou associative, la presse professionnelle ne peut se passer de lectorat (un journaliste professionnel écrit pour être lu !). Et dans la plupart des cas, d’abonnés payants pour boucler les budgets.

Le rapprochement de l’Agence Alter, La Revue Nouvelle et Politique au sein de Mag-Ximise a une visée commerciale. Miser sur une plus grande visibilité des 4 titres, faire apparaître leur complémentarité (le contenu éditorial les rapproche moins que le fait de défendre une vision progressiste et solidaire de la vie en société) et définir une stratégie commune de communication, diffusion et vente vise à les positionner dans le kiosque des médias indépendants libres et critiques, pour in fine élargir le lectorat. Le nombre de lecteurs est une donnée importante dans la négociation avec les pouvoirs publics.

Et ça fonctionne ? Plus d’abonnés déjà ? On ne le saura pas. Il est vrai aussi que le projet n’a réellement démarré qu’au début 2017 et que sa mise en place n’est pas une mince affaire : élaboration de la stratégie commerciale, création du site Internet, de la banque de données … La personne engagée pour le projet [3] est sur tous les fronts. A commencer celui de connaitre et comprendre les 3 partenaires, les contenus spécifiques de chaque titre, le lectorat des uns et des autres … pour élaborer une stratégie de communication et de déploiement qui tienne la route, qui valorise chaque partenaire.

Mais, dites, franchement, Mag-Ximize n’est-il pas le premier pas d’un rapprochement plus important encore, du côté ligne éditoriale par exemple ? La réponse fuse instantanément : no way ! Le lectorat des différentes revues se recouvre très peu, et donc par respect pour celui-ci, pour ne pas le froisser, pas question de toucher à la spécificité de chacun. Les lignes éditoriales sont complémentaires, la lecture de chaque titre est complémentaire à l’autre. Pas question de trahir cela ! Mag-Ximize, c’est un levier pour garder son indépendance, à ligne éditoriale inchangée. Des événements communs, telles ces soirées électorales déjà organisées par le passé, pourront être organisés, mais avec l’objectif de renforcer la visibilité de l’offre Mag-Ximize.

OK, mais un regroupement d’intérêt économique pour négocier de meilleurs prix auprès de prestataires extérieurs (énergie, télécoms, secrétariat social …) ? Même si la perspective d’une cohabitation n’est à terme pas totalement exclue, la réponse ici aussi est négative. Même à 3 partenaires, le nombre de postes de travail est insuffisant pour dégager des marges.

Et la collaboration avec les médias généralistes, la « grande presse » ? Nulle d’un point de vue financier, très faible au niveau des contenus. La Libre mentionne les dossiers de La Revue Nouvelle et de Politique à leur sortie, quelques rares invitations à la RTBF sur un sujet d’actualité … L’Agence Alter est aussi en radio, mais tout aussi alternative : Radio Panik [4]. Chacun reste donc à sa place : médias associatifs d’un côté, médias généralistes de l’autre.

Alain Willaert, CBCS ASBL, juillet 2017

Médiatiser les questions sociales ...

Cet article s’inscrit dans le cadre du dossier "A quoi bon médiatiser les politiques sociales ?", BIS 175/2017
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