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Limitation dans le temps des allocations d’insertion et champ du pouvoir

Une analyse Jean Blairon, directeur de RTA et Guy Fays, secrétaire régional de la FGTB-Namur, RTA, mars 2014.

Après nombre de chômeurs complets indemnisés qui ont déjà commencé à être frappés par la dégressivité de leurs allocations, c’est au tour des personnes qui bénéficient des allocations d’insertion, soit celles qui n’ont pas eu l’opportunité de travailler suffisamment pour avoir droit aux chômage complet, d’être touchées : le 1er janvier 2015, en effet, les mesures décidées par le gouvernement fédéral en 2011 seront d’application. La limitation dans le temps des allocations d’insertion est fixée à trois ans, et le compte à rebours a commencé le 1er janvier 2012. Début 2015, ce sont 50.000 personnes qui seront privées d’allocations.

Cette analyse cherche dans le fonctionnement du champ du pouvoir les raisons pour lesquelles un certain nombre d’acteurs politiques continuent à défendre cette mesure, contre toute raison apparente.
Qu’est-ce qui, dans ce fonctionnement, contribue à rendre l’Etat parjure, suicidaire, excessivement bureaucratique, et ses serviteurs, en définitive, « désaffiliés par le haut » ?

Morceau choisi :

« Ainsi, un chef d’entreprise (une petite PME) nous raconte-t-il, en pleine méconnaissance de cause, l’histoire suivante.
Il reçoit une candidature spontanée, l’entretien ne se passe pas mal. A la fin de la rencontre, le demandeur lui présente une feuille et lui demande d’y apposer le cachet de la firme, comme preuve de sa présence. Le cadre, qui ignore la réalité des contraintes imposées par l’Onem, s’emporte en disant « ah, vous êtes venu pour ce cachet ! ». Le demandeur a beau essayer d’expliquer qu’il est contraint à cette formalité, il est éconduit sans ménagement et... le patron zélé téléphone à l’Onem
pour dénoncer une « fausse recherche ». L’anecdote illustre très bien que le vécu pratique de l’épreuve peut être l’objet d’une violence symbolique que l’épreuve a pourtant pour fonction d’éviter.
Les témoignages d’une telle violence sont malheureusement nombreux. »

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