CBCS - Conseil Bruxellois de Coordination Sociopolitique
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Revue de presse hebdomadaire - 08/12/2014

En ce lundi de mouvement social à Bruxelles et dans les Brabant flamand et wallon, la revue de presse s’ouvre tout naturellement sur quelques articles parus la semaine dernière à ce sujet.
Commençons par le chat paru sur le site du Soir où deux journalistes débattaient le 1er décembre des enjeux politiques du mouvement. Entre radicalisation du côté des syndicats et silence obstiné sur le front de la suédoise.

La Libre Belgique relaie dans ses pages économiques les résultats d’une étude menée par OASes, le centre universitaire d’Anvers spécialisé dans les questions de pauvreté et d’exclusion sociale et qui rappelle, - encore et toujours – que la pauvreté accroît les risques pour la santé et que les mesures actuelles de dégressivité sont contreproductives. Sur le site de la RTBF, on lit que la baisse du nombre de chômeurs en Belgique ne s’explique pas par une hausse de l’emploi. Non, l’explication est autre et plus, disons, algébrique.

Toujours sur le site de la radio-télévision, on apprend que les demandes en crédit-temps explosent avant les restrictions de 2015.

L’Observateur fait écho à l’étude de Transparency International, une ONG spécialisée dans les questions de corruption. On découvre sur le site de l’ONG la place de la Belgique : 15ème sur 174 (uniquement en anglais). http://www.transparency.org/cpi2014/results

Ce petit détour sur le blog des Economistes atterrés joue le rôle de rappel : la politique actuelle d’austérité budgétaire menée en Europe entretient, voire aggrave la crise.
Crise oblige : l’idée selon laquelle les pauvres sont responsables de leur situation se répand dans l’opinion publique française comme on l’apprend dans cet article paru sur le site de la revue Sciences humaines. Un mécanisme de protection psychologique ? Épinglons également sur le site de la revue qui suit tous les mois l’actualité dans les sciences humaines ce très intéressant papier sur l’allocation universelle. Son concept, sa mise en œuvre, ses limites, son coût. On s’en voudrait aussi de ne pas vous signaler cet autre article paru sur leur site et qui présente quelques initiatives de changements à partir du terrain qui redonnent sens au politique. Revigorant !

Lors d’une conférence qui s’est déroulée en novembre à Paris, un nouveau concept a émergé : celui de travail social… palliatif. Kezako ?

Précarité

La Libre Belgique oppose, dans sa rubrique Ripostes, deux avis contraires autour d’une même question : « l’inflation » de lits d’urgence mis à la disposition des sans-abri bruxellois dans le cadre du Dispositif hivernal n’est-il pas au final contreproductif ?

Voici Jonah, son travail, sa précarité et son angoisse permanente d’être déclassé. Ah oui ! Jonah a 24 ans. Et pour lui, le monde du travail, c’est un champ de bataille où il se sent utilisé comme de la chair à canon.

Et voilà comme une idée qui part d’une bonne intention finit en… stigmatisation des SDF : la carte de secours lancée par la mairie de Marseille pour mieux gérer les besoins médicaux de sa population la plus précarisée.

Enfance, éducation

Dans un éditorial, Le Soir dénonce la politique de redoublement (en baisse en 2012-2013) comme instrument de contrôle des performances de nos élèves reposant sur la trouille ! Le Vif l’Express évoquait d’ailleurs la décision de la majorité PS-cdH de la Fédération Wallonie-Bruxelles de réaffecter les subsides complémentaires destinés aux écoles à enseignement différencié à la politique de lutte contre l’échec scolaire.

La Libre Belgique donne la parole dans sa rubrique Opinons à Béatrice Stiennon qui craint que la mission éducatrice de l’école ne mette en péril sa vocation première : l’instruction !

Et la RTBF met en lumière trois écoles primaires musulmanes qui sont aujourd’hui reconnues et subventionnées par la Fédération Wallonie-Bruxelles et appartiennent au réseau des écoles libres confessionnelles.

L’Observateur recense cinq conseils donnés par la chercheuse, Catherine Blaya, aux parents dont les enfants ont été victimes de harcèlement sur le net.

Ah, le bon vieux temps des cours de travaux domestiques pour les filles et de mécanique pour les garçons ! Au moins, on savait faire quelque chose de nos mains en sortant de l’école. Certes, répond rue 89, mais le geek sait aussi mettre la main à la pâte !

Et pour finir, ce cri d’amour « à ces enfants mis de côté par la famille » : ceux qui déplacent de l’air, qui donnent le sentiment d’être ailleurs, qui ont des soucis de santé. Bref ceux qui ne cadrent pas.

Faut-il s’en réjouir ? La population scolaire bruxelloise augmentera encore de 10% d’ici quatre ans. On pousse les murs ?

Et si votre ado semble se transformer en homard jeté dans l’eau bouillante chaque fois que vous voulez lui parler sérieusement, pas de panique. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de sa part. Non, non, non, c’est scientifique !

Droits des femmes et minorités

La RTBF nous apprend que, désormais, le coparent dans un couple lesbien ne devra plus passer par l’adoption pour devenir pleinement parent de l’enfant né de sa compagne. Des nouvelles solutions juridiques seront mises en œuvre en 2015.

Santé

Au dossier Numéro INAMI, ce gros pataquès, versons la pièce suivante : le lissage positif. A découvrir dans cet article paru dans La Libre Belgique.

On apprend dans Le Vif l’Express quelques chiffres sur la santé des Belges tirés d’une étude de l’OCDE.

Le diabète accélérerait le processus de vieillissement cérébral, apprend-on toujours dans Le Vif l’Express.

Le 1er décembre étant la journée mondiale de lutte contre le SIDA, c’est aussi l’occasion pour Le Monde d’aborder la question, via la contribution du Dr Jacques Leibowitch, de l’allègement thérapeutique, une technique qui consiste, au fil du temps, à répartir différemment l’administration des trithérapies sous un contrôle médical très strict : après une thérapie d’attaque, étaler la prise de médicaments pour éviter les effets négatifs de cette médication très lourde. Et pour rappel, L’Observateur dresse cette infographie de l’état du SIDA dans le monde.

Cela fait froid dans le dos : en Belgique, ce ne sont pas moins de 150 personnes âgées qui disparaissent de manière inquiétante chaque année. En cause : la maladie d’Alzheimer ou la démence sénile. Un projet pilote de la police fédérale vient d’être lancé.

Le Vif l’Express nous apprend qu’un scan du cerveau pourrait permettre de diagnostiquer l’autisme.

Immigration

Un Belge sur sept est d’origine étrangère, lit-on dans Le Vif l’Express.

La politique migratoire de la Suédoise continue de faire couler de l’encre. Ainsi apprend-on que Théo Francken, le secrétaire d’État à l’Asile et à l’immigration (N-VA) entend réclamer 225 euros à tout étranger arrivant en Belgique pour couvrir les frais administratifs !

Par contre, le même Théo Francken a annoncé qu’une circulaire mettrait bientôt fin à la possibilité d’intercepter des enfants mineurs sur le chemin de l’école dont les parents sont sous le coup d’un ordre de quitter le territoire non respecté.

La RTBF nous apprend un chiffre étonnant qui fait froid dans le dos. À peine arrivés en Europe, la moitié des 12 000 enfants migrants disparaîtrait !

A Bruxelles, la commune de Molenbeek a mis en place un accompagnement de sans-papiers qui se sont réfugiés au boulevard Léopold II.

Et pour finir, on peut lire dans Le Vif l’Express que la Cour de Justice Européenne entend mettre de l’ordre dans les pratiques très diverses voire choquantes concernant le traitement des demandes d’asile pour cause de persécution pour homosexualité.

Handicap

A l’occasion de la journée internationale de la personne handicapée,les syndicats bruxellois plaident pour une plus grande accessibilité à l’emploi.

La Libre Belgique met en avant ce projet mené par des jardiniers passionnés qui sont aussi handicapés. Le journal de centre droit donne aussi la parole à deux spécialistes au sujet de l’intégration de la personne handicapée dans notre pays : il y a encore du boulot !

Justice et politique pénitentiaire

Rue 89 a fait le calcul : louer une télévision coûte en France 8 euros par jour dans une prison publique contre 18 euros pour une prison gérée par le privé ! Ce n’est pas un détail quand on sait que la télé joue souvent toute la journée, qu’elle constitue une des rares sources de distraction et que surtout, la vie en prison coûte cher… au détenu !

Bonus

Ah ! Le tourisme social n’est plus ce qu’il était ! Il n’est en tout cas pas à confondre avec la triste polémique de ces dernières semaines autour des ressortissants européens que d’aucuns ont accusé de faire leur marché au plus offrant parmi les états membres de l’Union. Une opinion de Bernard Duterme, du Cetri de Louvain-la-Neuve publiée dans La Libre Belgique.

N.De (Centre de Documentation et de Coordination Sociales) pour le CBCS, 4/12/2014