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Le sans-abrisme au féminin

La très grande précarité et l’absence de logement touchent un nombre croissant de femmes. Moins visibles que les hommes dans l’espace public, les femmes en errance présentent des vulnérabilités particulières, d’autant plus qu’elles sont souvent accompagnées d’enfants. Compte tenu de l’augmentation absolue du nombre de femmes dans les structures d’accueil ou dans l’espace public – surtout à Bruxelles – la Fondation Roi Baudouin publie aujourd’hui une actualisation des données quantitatives d’une étude menée en 2016 sur les femmes en errance.

À Bruxelles, le dénombrement organisé fin 2018 par La Strada indique une augmentation générale des personnes sans-abri, en comparaison avec 2016. Entre 2016 et 2018, on recense +64% de femmes dans l’espace public, +33% de femmes et +64% d’enfants en hébergement de crise ou d’urgence. En Wallonie, les chiffres qui émanent du travail effectué par les Relais sociaux urbains montrent que 19% des 5.241 adultes accueillis en hébergement d’urgence sont des femmes (contre 18% en 2012), avec une majorité d’isolé.es sans enfants (83%, contre 65,5% en 2012).

Bien qu’il existe des profils variés de femmes en errance, deux profils distincts ressortent quantitativement : des femmes souffrant de problèmes chroniques de santé mentale et des femmes victimes de maltraitance. La perte de logement et les problèmes conjugaux (avec ou sans violence) constituent les premières causes d’errance pour les femmes.

Pour apporter des réponses à cette problématique, la Fondation Roi Baudouin soutient des projets orientés sur l’hébergement de personnes en grande précarité, dont des femmes en errance. Elle vise aussi la création de logements supplémentaires pour personnes sans-abri, ainsi que pour des familles monoparentales en situation de précarité. Le récit que vous pouvez découvrir ici : "Sortir du sans-abrisme par le logement illustre l’action du Relais social de Liège pour aider Tiffany à sortir de la rue, en mettant le logement au cœur de sa réinsertion. Une approche qui se rapproche du modèle Housing First, également soutenu par la Fondation.

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