CBCS - Conseil Bruxellois de Coordination Sociopolitique
Pour les professionnels du social-santé à Bruxelles

Les mardis des blouses blanches : La LUSS et les associations de patients soutiennent le mouvement

Communiqué de presse de la LUSS (Ligue des usagers des services de santé), juin 2016

« On n’a pas le temps de parler, d’écouter », « J’ai parfois l’impression de faire de la maltraitance aux patients », « on commence à 7 heure du matin, on finit à 21 heure ». Les soignants, à raison, se mobilisent pour dénoncer un manque d’effectif et des conditions de travail parfois indignes dans les hôpitaux.

Les patients constatent, eux aussi, que le manque de personnel engendre des soins de moindre qualité et mettent en péril l’accessibilité des soins de santé dans les hôpitaux. Cela signifie concrètement qu’il est souvent impossible de pouvoir poser des questions, être informé, décider avec l’aide du soignant des soins à envisager. Les consultations sont extrêmement rapides, et rencontrer le médecin en charge de son cas devient très difficile. L’épuisement et le mal-être des soignants engendrent un manque de coordination et des tensions au sein du personnel et avec les patients. Les soins et les traitements sont réalisés en vitesse, de manière inadaptée et, parfois, ne sont pas réalisés du tout. Cette accélération généralisée met à l’épreuve les soignants et leurs relations avec les patients.

Des professionnels en souffrance, et le patient est touché

Indépendamment du manque de soignants (mais également d’assistants sociaux, de personnel d’accueil, de techniciens d’entretien,…), les patients font également les frais des économies dans le secteur hospitalier. Les patients sont contraints de quitter de plus en plus rapidement l’hôpital après une opération, emportant souvent avec eux de nombreuses inquiétudes. Des suppléments d’honoraires parfois exorbitants (partiellement reversés par les spécialistes aux hôpitaux) sont réclamés, et, de manière générale, le coût des factures hospitalières est en augmentation.

Résultats des courses : la qualité des soins est mise à mal, le mal-être des soignants rejaillit sur les patients et les soins de santé deviennent inaccessibles pour certains.

Rappelons enfin que c’est bien l’ensemble du secteur de la santé qui est soumis à de grandes difficultés, avec une tendance croissante à la marchandisation et privatisation des soins de santé (y compris dans le secteur de l’hébergement des personnes âgées). La promotion de la santé et la prévention sont largement sous-financées, la pénurie de soignants de première ligne (notamment de médecins généralistes) touche de nombreuses zones rurales mais également urbaines du pays (y compris en Flandre) et les hôpitaux doivent composer, chaque année, avec des restrictions budgétaires drastiques.

Le message est clair En ces temps de négociations politiques, le message des associations de patients que la LUSS fédère paraît donc clair : il est grand temps d’apporter de la considération aux vécus des patients et de faire de la santé une priorité !


Ce débat ne peut pas être évité. Il existe de réelles difficultés sur le terrain. La LUSS et les associations s’expriment ici en faveur de solutions structurelles et durables pour les soignants et les patients. Depuis des années, la LUSS noue des collaborations actives avec les acteurs hospitaliers et de première ligne. L’objectif de la LUSS est de renforcer des soins et des services de qualité accessibles à tous et toutes, de consolider un dialogue de qualité entre les soignants et les patients, d’améliorer l’information des patients, de favoriser une approche participative avec les patients, etc. Des propositions concrètes ont été développées dans un mémorandum avant les élections. La LUSS continuera à les porter !

Contact presse :
Micky FIERENS Directrice de la LUSS Tél. 081 74 44 28 ou 0475 26 80 98
Email : m.fierens@luss.be