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Quand la facture d’eau noie les plus précarisés

Vivre sans utiliser de toilettes, de douche, d’évier, c’est le sort des trois, quatre mille ménages belges dont le compteur d’eau a été fermé. La suppression des coupures d’eau est à l’agenda des gouvernements bruxellois et wallon. Mais lutter contre la précarité hydrique est bien plus complexe et ne passera pas seulement par une aide sociale accrue. Par Martine Vandemeulebroucke, 03/06/2021, dans le nouveau dossier Alter Échos n° 494.

« Je suis venu au CPAS, la première fois parce que j’étais coupé d’eau. Je m’étais présenté devant le juge de paix pour lui demander de payer en plusieurs fois, mais il a dit non. Alors ils sont venus couper quand je n’étais pas là. À l’époque, je ne pensais pas que c’était possible en Belgique. » Ce témoignage de Francis, recueilli par la Fédération des services sociaux, n’est qu’un exemple parmi d’autres de la sidération dans laquelle se trouvent le plus souvent les personnes chez qui on vient couper le compteur d’eau.

L’accès à l’eau a été reconnu comme un droit fondamental par les Nations unies en 2013, mais, en Belgique, contrairement à d’autres pays européens, les coupures sont toujours d’application. Leur nombre varie très fort selon les Régions. En 2019, il y a eu 1.250 coupures en Flandre, 891 à Bruxelles (mais 1.200 en 2018 !) et 210 en Région wallonne. Dix ans plus tôt, on recensait 99 coupures à Bruxelles, 467 en Flandre et 649 en Wallonie. Alors qu’en dix ans, la consommation d’eau a baissé dans tout le pays, les coupures ont donc considérablement augmenté, sauf en Région wallonne qui a depuis mis en place des limiteurs d’eau, un dispositif qui n’est qu’une coupure déguisée. Le gouvernement bruxellois envisage d’interdire les coupures en 2022. Une première étape.

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